
SENSORIALITÉ ET UNIVERS DU LUXE, MODE, DESIGN....
Elément du design sensoriel, le toucher est devenu un signe fort en termes de qualité perçue, notamment sur les produits haut de gamme.
Depuis les années 90, probablement influencé par la culture japonaise, le designer s'attache désormais à prescrire non seulement la couleur et les effets spéciaux qui s'y rattachent, comme le reflet, la matité ou la taille du grain métallisé, mais également le toucher
qui peut être sec, caoutchouteux, grainé, chaud ou glissant.
En effet, le toucher est une sensation qui va influencer le consommateur dans son choix. Lorsqu'il y aura cohérence entre la perception visuelle et la sensation tactile, le consommateur sera
conforté dans la confiance qu'il aura mise à priori dans le produit. Cette nuance peut faire la différence face à une offre concurrentielle car elle renforce les critères de choix irrationnels
mais indiscutables que sont les "goûts et couleurs". Enfin, cette sophistication sensorielle permet également de positionner les produits sur des créneaux plus "haut de gamme”, aux marges plus
confortables.
Cette tendance est très forte, non seulement dans le textile et la mode, mais également dans l'univers de l'objet où le fameux toucher "soft" à base de matière caoutchoutique a eu un franc succès
tant pour les téléphones que pour les agendas ou les stylos. Cela est dû non seulement à une sensibilité chez les designers et le consommateur, mais aussi à l'émergence de nouvelles technologies
et matériaux qui permettent d'apporter ces nouveaux effets. On peut signaler le polymère Surlyn® de Dupont de Nemours qui donne à la gamme cosmétique de Nina Ricci son incomparable toucher peau
de pêche, les peintures Nextel® qui agrémentent les garnitures de tableau de bord de la Safrane Renault® d'un toucher velouté, les élastomères thermoplastiques qui donne un toucher "soft"
ergonomique aux brosses à dent ou les vernis élastomériques utilisés sur les téléphones et stylos en finition "soft".
Parallèlement à cet engouement, de nombreux laboratoires travaillent activement pour étendre la palette des effets possibles: toucher soft, glissant, froid, sec, grainé… Mais, comme on peut le
faire pour la couleur, ils cherchent aussi à mesurer quantitativement cette sensation afin de mieux industrialiser et contrôler ce critère qui est trop subjectif aux yeux de l'industriel.
Enfin il faut signaler que bien plus que la couleur, la prescription tactile joue sur le prix de revient mais aussi sur le cahier des charges de résistance des surfaces (rayabilité, usure, tenue aux
UV…) et qu'elle s'avère donc plus délicate à mettre au point.
Article tiré du siteplaceaudesign.com
LES 5 SENS
Derniers Commentaires